“Sur le “Malecon” de Santo Domingo, la plus vieille ville du Nouveau Monde (1496), le peuple le plus pauvre du monde expose tous les jours ses entrailles, ses rêves, ses fantasmes. Sur plusieurs dizaines de mètres, en effet, les tableaux des naïfs haïtiens, résistant au vent et à la poussière, au soleil et à la pluie, sont étalés jour et nuit, comme un défi à la misère et au mépris.”
“Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de literature, de musique, de théâtre et, en général de délassement. Là on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crimes et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, de films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur.”
“C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des “maisons de la Victoire, pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.”